socle

société, confiance & liberté

En ce temps où une grande incertitude sanitaire vient s’ajouter à une société déjà fragilisée, chacun s’accorde à reconnaître qu’il faut « recréer du lien social ». Plus que jamais, la valeur de confiance chère à notre réseau, est indispensable. C’est dans ce contexte que nous avons voulu créer la lettre SOCLE. En interrogeant des experts venant de tous les horizons, nous souhaitons mener une réflexion de fond sur le rôle de la confiance, en tant que socle de nos sociétés humaines.

Recevoir chaque mois SOCLE dans ma boite mail

Abonnez-vous à la lettre SOCLE

Chaque mois, Gens de Confiance vous offre un entretien de qualité avec une personnalité différente qui traitera du thème de la confiance. Abonnez vous dès maintenant pour recevoir le prochain numéro.

Retrouvez les éditions précédentes de SOCLE

- entretien N°28

Agnès Audier : « Si l’on veut ré­ industrialiser notre pays, une volonté politique est évidemment nécessaire pour recréer un climat de confiance propice aux investissements »

Ingénieur en chef du Corps des Mines, normalienne et agrégée de physique, diplômée de Sciences Po Paris, Agnès Audier a exercé en ministère – en particulier en tant que directrice de cabinet de Jean-Pierre Raffarin, ministre des PME, et conseillère de Simone Veil –, puis à des postes de direction de grands groupes tels Vivendi et Havas, avant de rejoindre le BCG. Au sein de ce cabinet de conseil, elle a beaucoup investi notamment sur la transformation numérique de différents secteurs : l’industrie, les transports, la santé publique, etc. Parallèlement, Agnès Audier s’est toujours engagée dans le domaine social associatif, et préside bénévolement la structure SOS Seniors. Son approche scientifique, jointe à ce parcours unissant public et privé, a nourri chez elle un sens de la mesure et des équilibres, qu’il est riche de cultiver pour soutenir la confiance à travers les grandes transformations économiques et sociales d’aujourd’hui.


- entretien N°27

Aude de Kerros : « Par la communion à travers le beau, l’art peut aider à restaurer une confiance disparue »

Graveur et peintre, ayant bourlingué sous toutes les latitudes, Aude de Kerros est également connue pour ses essais critiques à l’endroit de l’art contemporain, perçu par elle surtout comme un produit financier, dont la valeur est fabriquée en réseau fermé. À rebours d’une telle appréhension, elle plaide pour un retour à l’atelier et à un art authentique, parlant aux sens et à l’âme de tous. Avec parfois des effets très concrets : ainsi, la contemplation partagée d’une œuvre d’art et le bonheur qui en découle peuvent souder « magiquement » une communauté et faire renaître des liens de confiance, y compris dans les pires moments. Aujourd’hui, grâce aux atouts du numérique, l’œuvre d’art qui séduit le cœur de chacun d’entre nous peut être aisément accessible. Preuve que la technique et l’esthétique ne sont pas antinomiques mais bien plutôt complémentaires.


- entretien N°26

Erwan Le Méné : « Planter un arbre est un signe de confiance en l’avenir. Malgré le contexte écologique alarmant, il nous faut garder cette confiance, sans quoi nous sommes incapables d’agir »

Ingénieur de formation, titulaire d’un MBA en finance, Erwan Le Méné allie son expérience en banque de financement et d’investissement à son désir de préserver la nature. C’est en 2014, lors d’un voyage au Danemark, pays phare dans l’innovation écologique, qu’il prend conscience de l’urgence de valoriser en France le développement durable. Entendons ici « valoriser » au sens propre du terme : apporter de la valeur, et apprécier ainsi un geste écologique en vertu de ce qu’il construit et non simplement au regard de ce qu’il compense – ou tente de compenser. En 2016, Erwan Le Méné en vient donc à cofonder la société EcoTree, qu’il préside depuis. Recherchant une alliance entre écologie et économie, cette start-up propose à des entreprises et à des particuliers de devenir propriétaires d’arbres, assurant pour eux une gestion forestière durable.


- entretien N°25

Anne Roumanoff : « De toute évidence, l’humour est culturel et sociétal. Il varie selon les époques et les lieux, même s’il est une chose qui reste universelle : la condition humaine »

Humoriste et comédienne, tant connue pour ses spectacles que pour ses émissions de radio ou ses chroniques dans la presse, Anne Roumanoff cultive depuis plus d’une trentaine d’années le don de croquer ses contemporains avec finesse et sensibilité. Que ce soit sur scène ou à l’antenne, cette ancienne élève diplômée de Sciences Po Paris exprime son goût pour l’actualité, mais revisitée selon son art, sur un ton décalé et dans la bonne humeur. S’inspirant sans cesse de la nature humaine, jouant des mots et des subtilités de langage tout en déployant une énergie revigorante lors de ses one-woman-shows, Anne Roumanoff est au cœur du sujet pour nous parler du rire et de sa capacité à créer un lien de confiance. Un numéro de Socle particulièrement pétillant !


- entretien N°24

Philippe Dewost : À l’ère des technologies numériques, la confiance transitive fondée sur l’humain pourrait permettre des décisions rapides et qualitatives

Avec plus de 25 ans d’expérience dans les technologies numériques, Philippe Dewost en est l’un des pionniers français. Ancien élève de l’ENS Ulm, ingénieur du Corps des Mines, il a d’abord cofondé Wanadoo puis exercé des fonctions de direction tant dans des start-up ou des grands groupes que dans la sphère publique. Cette expérience multiforme a nourri chez lui une vision très approfondie de la révolution numérique. Il transmet aujourd’hui cette réflexion aux étudiants de l’EPITA, l’École pour l’informatique et les techniques avancées dont il a pris la direction en octobre 2021. Il a également publié en février De mémoire vive – Une histoire de l’aventure numérique aux éditions Première Partie. Dans cet entretien, il revient sur les ruptures sociétales provoquées par les récentes innovations technologiques et leur impact en matière de confiance.


- entretien N°23

Pierre-Hervé Grosjean : « On ne fait pas confiance à quelqu’un parce qu’il a une apparence parfaite, mais parce qu’il est vrai avec nous »

Curé de la paroisse de Montigny-Voisins en région parisienne, l’abbé Pierre-Hervé Grosjean a souvent été amené à relayer publiquement le message de l’Église. Il a cofondé en 2007 et animé jusqu’en 2020 Padreblog, un site d’information, alimenté par une équipe de prêtres, pour relire l’actualité au regard de l’Évangile et approfondir sa foi. Secrétaire général de la commission « Éthique et Politique » du diocèse de Versailles, il a également lancé en 2010les universités d’été Acteurs d’Avenir dans le but de former les décideurs chrétiens de demain. L’abbé Grosjean est l’auteur de plusieurs ouvrages parus chez Artège, dont le récentÊtre prêt. À l’aune de cette expérience originale de l’apostolat et de son engagement médiatique, PierreHervé Grosjean nous parle de la nécessité de participer à la construction du bien commun fondant notre société, en cultivant espérance et prudence pour mieux créer de la confiance.


- entretien N°22

Raphaël Chauvancy : « Sur le terrain, il ne reste que la confiance qui crée un lien aussi invisible que robuste entre les individus et les fait accéder à une forme de communauté spirituelle »

Officier supérieur des Troupes de Marine au sein de l’armée française, Raphaël Chauvancy est actuellement détaché auprès des UK Commando forces – Royal Marines britanniques. Également professeur de stratégie à l’École de guerre économique, il a publié récemment Agir ou subir ? (Dunod, février 2022) et Les nouveaux visages de la guerre (VA Éditions, 2021). Disséquant la façon dont fonctionne la confiance au sein des unités de combat, il en tire des enseignements, rappelant que les Anglo-Saxons pratiquent depuis longtemps et de manière décomplexée la transmission des savoir-faire militaires vers le monde civil. Raphaël Chauvancy salue aussi les vertus du parrainage, cet engagement réciproque capable de créer une forme de conscience collective.


- entretien N°21

Bertrand du Marais : « Stabilité des relations économiques internationales et confiance juridique vont de pair »

Diplômé de l’ESSEC (1985) et ancien élève de l’ENA (1989), Bertrand du Marais est conseiller d’État. Son expertise juridique est riche d’une double expérience : d’une part professionnelle, avec des années de pratique dans la haute fonction publique ou auprès d’institutions internationales ; et d’autre part universitaire, grâce à plus d’une décennie d’enseignement du droit public et de recherche. De cette connaissance à la fois pragmatique et académique, Bertrand du Marais a mûri une réflexion pointue sur les interactions entre le droit et les sciences économiques, problématique d’ailleurs abordée par l’influent think tank FIDES qu’il a cofondé et préside. Les échanges accordés à Socle mettent en lumière les mécaniques qui régissent notre société, voire qui l’entravent. Ils ouvrent aussi la porte à une approche alternative.


- entretien N°20

Geneviève de Cazaux, grand reporter : « Dans chaque rencontre, l’engagement professionnel autant que personnel fonde une relation de confiance »

Journaliste spécialisée en politique et en Défense, grand reporter, Geneviève de Cazaux a tiré de ses plus de 35 ans chez TF1 et de ses nombreuses missions en zone de guerre, une connaissance fine de l’humain. Dans le paysage de ses souvenirs se côtoient de grands noms – issus du monde des médias, de la politique, des affaires internationales, de l’Armée, de l’humanitaire… –, mais aussi une foule d’inconnus ayant laissé trace de leur courage en temps de guerre, de leur abnégation au service d’autrui, de leur joie à vivre la confiance retrouvée. Là réside l’un des talents de Geneviève de Cazaux, membre de Gens de Confiance : nous laisser deviner, derrière le témoignage de sa vie, la richesse de toutes les vies qu’elle a su découvrir par son humanité et sa simplicité, et révéler par la rigueur de son travail.


- entretien N°19

Nicolas Truelle : « Si la confiance peut exister a priori, celle qui se construit pas à pas, et résulte d’une décision, est bien plus forte »

Polytechnicien diplômé des MINES ParisTech, Nicolas Truelle a d’abord consacré sa carrière à la haute administration d’État puis à la direction d’entreprises, avant d’engager encore plus ses responsabilités professionnelles au service de ses convictions humaines. Ainsi devient-il, en juillet 2015, directeur général d’Apprentis d’Auteuil. Cette célèbre fondation reconnue d’utilité publique est forte de 150 ans d’expérience dans l’accompagnement de la jeunesse malmenée par la vie. Avec cœur tout autant qu’avec pragmatisme, Nicolas Truelle nous parle de la lente reconstruction de la confiance chez les enfants au passé déjà lourd de blessures, raconte le chemin suivi par Apprentis d’Auteuil dans son travail d’accompagnement toujours renouvelé et évoque les besoins actuels des jeunes.


- entretien N°18

Michel Foucher : « Des forêts tropicales aux salons diplomatiques, la confiance est une et multiforme »

Agrégé de géographie, docteur en lettres et sciences humaines, Michel Foucher est un géopoliticien reconnu, spécialiste des frontières. Jeune, il parcourait les contrées les plus reculées de notre monde. Au fil des ans, Michel Foucher est devenu conseiller du ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, directeur du Centre d’analyse et de prévision du Quai d’Orsay, ambassadeur de France en Lettonie… Belle synthèse d’un homme alliant l’expérience du terrain à la connaissance des arcanes de la diplomatie ! L’une des clés de sa réussite réside dans la place qu’il accorde à la confiance entre les êtres humains : « La confiance se gagne par l’écoute, par la valeur du questionnement et le recoupement des informations obtenues. La maîtrise des langues, l’ouverture à d’autres cultures mais aussi l’empathie sont les conditions préalables pour des échanges fructueux. »


- entretien N°17

Christian Harbulot : « Ne confondons en aucun cas confiance et dépendance ! »

La récente affaire de l’annulation du contrat des sous-marins vendus par Naval Group à l’Australie montre à l’évidence que nous nous berçons parfois d’illusions, parlant de confiance quand nous sommes en fait sous dépendance. Fondateur et directeur de l’École de guerre économique, Christian Harbulot met en relief les faiblesses hexagonales révélées par ce dossier. Il souligne notre paresse intellectuelle qui nous empêche de voir la réalité géopolitique et géoéconomique d’un monde contemporain mondialisé, où tous les coups sont permis, puisqu’en réalité, seuls comptent in fine les rapports de force. Christian Harbulot nous invite à en finir avec l’angélisme, à redéfinir une vision stratégique digne de ce nom et prône l’engagement d’un combat collectif reposant sur une confiance retrouvée.


- entretien N°16

Patrice Franceschi : « La confiance est engendrée par un acte. Ainsi instituée, elle a cette capacité formidable de générer une nouvelle action encore plus puissante que la précédente »

Depuis les années 1970, Patrice Franceschi a pris la mer autant que les armes ou la plume pour explorer, défendre, rendre compte du vaste monde auquel il s’est confronté. Écrivain-aventurier, tel est son talent et la richesse qu’il transmet à ceux qu’il embarque sur son trois-mâts La Boudeuse. Engagé en Afghanistan contre l’URSS, soutien actif des Kurdes de Syrie contre Daech, Patrice Franceschi a organisé nombre d’explorations scientifiques et de missions humanitaires, et présidé la Société des explorateurs français ainsi que l’ONG Solidarités International. Toutes ces expériences de terrain, sans cesse assimilées et pensées à travers l’exercice de l’écriture, ont nourri une philosophie réaliste et une bibliographie abondante. Côtoyer l’humain en des situations si variées, et souvent si risquées, a ciselé en lui une fine connaissance de la confiance qu’il partage avec nous dans ce numéro de Socle.


- entretien N°15

Erwann Rozier : « Il faut considérer la confiance au sein d’une entreprise comme un actif, qui se construit brique par brique, avec patience et humilité »

Cofondateur de Fly The Nest, un collectif accompagnant les entreprises à chaque étape de leur croissance, et coauteur de Fly, le guide pratique pour réussir son aventure collective, Erwann Rozier aime à partager son expérience de l’entrepreneuriat et sa mise en pratique de l’intelligence collective. Expression de la vision propre à chaque entreprise, illustration de ses valeurs et de sa culture, identification des leaderships, gestion de la connaissance, de tels sujets sous-tendent l’aventure entrepreneuriale. Ils en tissent la trame essentielle en fondant la confiance de chaque participant à ladite aventure et en renforçant son engagement. Erwann Rozier revient sur ces fondamentaux et analyse le levier de la confiance dans une dynamique d’équipe.


- entretien N°14

Yannick Bestaven : « Remporter un Vendée Globe nécessite de la confiance en soi, mais aussi beaucoup de confiance en son équipe »

Vainqueur du Vendée Globe 2020-2021 et navigateur expérimenté de la compétition transocéanique, Yannick Bestaven nous invite à embarquer pour suivre le périple de la confiance en ce domaine très spécifique qu’est la course au large. Qu’il s’agisse de gestion de la confiance en soi dans des conditions naturelles extrêmes et vécues en solitaire, de la confiance au sein d’une équipe de préparation de course, ou encore de la solidarité entre gens de mer, l’horizon est vaste pour traiter du sujet de prédilection de Socle. Yannick Bestaven a accepté de nous en parler, sans oublier d’aborder au passage son goût pour l’innovation technologique et l’expérience d’entrepreneur qui s’ensuit.


- entretien N°13

Gérard Chaliand : « Face au formidable dynamisme des nouvelles puissances qui émergent, il est urgent de se donner les moyens de retrouver confiance en nous-mêmes »

Stratégiste et géopoliticien de renom, Gérard Chaliand nous invite à méditer sur le rôle que joue la confiance au sein des sociétés en guerre. Né en 1934, il a fréquenté pendant un demi-siècle d’innombrables mouvements de libération et guérillas. Issu de l’extrême gauche anticolonialiste, il fut accueilli en « camarade » au sein de ces organisations dont il a décortiqué les arcanes. Revenu très tôt de ces utopies révolutionnaires, il pose désormais un regard sans concession sur le basculement du monde qui voit la montée en puissance de l’Asie et le grand reflux de l’Occident. Et plaide pour que nous retrouvions, en même temps que le courage et la lucidité, cette confiance qui est le ciment de nos sociétés.


- entretien N°12

Jean-David Chamboredon : « Dans le monde du capital-investissement, les promesses tenues décuplent la confiance »

Honorer de sa confiance de jeunes entrepreneurs, en soutenant financièrement leurs projets, et développer ainsi l’écosystème des start-up françaises, telle est la mission que s’est donnée Jean-David Chamboredon, investisseur en capital risque. Polytechnicien, il a débuté sa carrière dans le conseil (13 ans chez Capgemini) et fondé le Capgemini Telemedia Lab dans la Silicon Valley en 1997. Il a ensuite rejoint le monde du capital-investissement, français ou anglo-saxon. En 2009, il co-fonde ISAI, un fonds spécialisé dans le secteur de la « tech »… et qui compte Gens de Confiance dans son portefeuille de gestion ! Pour Socle, il a accepté de revenir tant sur les ressorts de la confiance entre entrepreneurs et investisseurs, que sur les nouveaux aspects de celle-ci expérimentés grâce à l’essor du web.


- entretien N°11

Nathalie Gerrier : « Grâce à la confiance, handicap et professionnalisme peuvent aller de pair ! »

Quand vous demandez à Nathalie Gerrier pourquoi elle a choisi de faire confiance aux personnes en situation de handicap, elle vous répond invariablement d’un désarmant  : «  Et pourquoi pas ? ».

Une évidence qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’en était pas une quand, avec son époux, Christophe, elle a lancé Handirect en 1996, premier réseau national de services administratifs aux entreprises qui emploie 80 % de salariés handicapés ! Un succès qu’elle a choisi de prolonger en prenant la tête de l’association Grandir à l’École et en Société, créée en 2000 pour promouvoir l’inclusion des jeunes handicapés, et en ouvrant, en 2018, un restaurant qui leur réserve 75 % de ses emplois. C’est cette saga de la confiance qu’elle a acceptée de nous raconter.


- entretien N°10

Général Jean-Claude Gallet : « La confiance dans l’avenir ne peut se construire que dans l’action »

Entré dans l’Histoire pour avoir sauvé Notre-Dame à la tête de ses hommes, le général Jean-Claude Gallet vient de co-signer, avec le journaliste Romain Gubert, un Éloge du courage (Grasset) qui, en cette période d’incertitude, est sans doute l’essai le plus roboratif pour commencer l’année… avec confiance !

Pour GDC, celui qui commanda jusqu’en décembre 2019 la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris a accepté de revenir sur les leçons de vie tirées de son expérience opérationnelle. Confronté aux situations de crise les plus variées, en France comme à l’étranger, cet amoureux d’Homère s’est forgé la conviction que face à l’adversité, le repli sur soi est la pire des solutions. Et le sens du collectif, le meilleur antidote au doute.


- entretien N°9

Erik L’Homme : « L’imaginaire et le merveilleux sont des ciments de la confiance »

Grand voyageur, montagnard, homme de rêve et homme d’action, Erik L’Homme est surtout connupar ses écrits pour la jeunesse qui lui ont valu une notoriété internationale, avec des livres traduits en 26 langues. Dans sa vie d’aventurier ou via la littérature, il transmet à ceux qui l’entourent des clés magiques pour percevoir notre monde dans tout ce qu’il offre de merveilleux. À l’époque de Noël et des fêtes de fin d’année, il est réconfortant d’introduire dans nos pensées une once de cette dimension onirique. Membre de Gens de Confiance, Erik L’Homme nous invite à retrouver nos repères. Invoquant la sagesse des tribus de l’Hindou Kouch parmi lesquelles il a vécu, il nous rappelle que la solidarité et la confiance sont les fils invisibles qui soudent le corps social.


- entretien N°8

Michaël Peyromaure : « Entre les Français et l’hôpital, le contrat de confiance est menacé par l’individualisme et la bureaucratie »

Chirurgien réputé, le professeur Michaël Peyromaure dirige le service d’urologie de l’hôpital Cochin, à la tête duquel il a succédé voici quelques années à Bernard Debré. Lequel, juste avant sa disparition en septembre dernier, avait accepté le principe d’un entretien pour Socle sur la question clé de la confiance en matière médicale. Un sujet central dont traite brillamment Michaël Peyromaure dans l’essai sans concession qu’il vient de signer aux éditions Albin Michel : Hôpital, ce qu’on ne vous a jamais dit… Si, selon lui, la médecine résiste mieux que d’autres secteurs aux assauts de la défiance, elle n’en est pas moins menacée par certaines dérives dont il pointe les dangers. Non sans proposer ses solutions à la lumière de son expérience.

- entretien N°7

Claude Revel : « La confiance est un outil majeur de management des connaissances »

Ancienne déléguée interministérielle à l’Intelligence économique auprès du Premier ministre de 2013 à 2015, énarque, Claude Revel a partagé sa carrière entre le service de l’État et l’entreprise privée, en particulier dans le secteur du BTP. Pionnière française de l’influence professionnelle internationale, spécialiste des questions relatives aux normes, elle préside aujourd’hui le groupement d’intérêt économique « France Sport Expertise » et conseille la direction générale de SKEMA Business School. Auteur de plusieurs ouvrages de référence et de nombreux articles sur la question de la guerre économique, elle n’a cessé de réfléchir sur la logique de confiance en entreprise et dans l’univers professionnel en général. Claude Revel est membre de Gens de Confiance.


- entretien N°6

Philippe Bilger : « La confiance dans la justice passe par la responsabilité des magistrats »

« Avoir confiance dans la justice de son pays ». Cette formule a-t-elle encore un sens à l’époque des tribunaux médiatiques qui vous encensent ou vous inculpent comme hier les « jugements de cour » chers à M. de La Fontaine ? La question est d’autant plus légitime que s’il est une institution qui, plus que toute autre, ne devrait pas souffrir la défiance, c’est bien l’institution judiciaire. Et spécialement la justice pénale, qui garantit nos libertés et sanctionne l’atteinte aux personnes comme aux biens. Pour y répondre, nul n’était mieux indiqué que le célèbre avocat général Philippe Bilger. Car ce magistrat, qui a requis dans le cadre des procès les plus retentissants des vingt dernières années, est d’abord un homme de culture – donc de nuances – qui ne cesse de réfléchir sur les moyens de réconcilier les citoyens avec ceux qui – ne l’oublions jamais – rendent la justice en leur nom.


- entretien N°5

Hedwige Chevrillon : « L’information, ce sont d’abord des journalistes qui construisent une relation de confiance avec leurs téléspectateurs »

Intervieweuse vedette de BFM Business et éditorialiste de BFM TV, animatrice de L’Heure H, du lundi au jeudi, de12 h à 13 h sur BFM Business, Hedwige Chevrillon n’est pas seulement une journaliste de premier plan. Diplômée du MBA de HEC, familière du monde économique et de ses principaux acteurs, elle réfléchit, au-delà de la crise de confiance que connaissent les médias, sur celle qui traverse la société tout entière. D’où l’intérêt de l’entretien qu’elle a bien voulu accorder à Socle en un temps où l’on confond trop souvent information et opinion, journalisme et communication, débat légitime et invective. Vecteurs irremplaçables de la liberté critique, les réseaux sociaux, plaide-t-elle, ne seront jamais les égaux de la presse pour deux motifs clés : l’anonymat qui y règne trop souvent et, partant, l’opacité de leurs sources.


- entretien N°4

Frédéric Mazzella : « La confiance, voilà le moteur de l’économie numérique »

Comment avoir confiance en quelqu’un que l’on n’a jamais rencontré ? Ce défi, inatteignable sans les formidables ressources de l’économie digitale, Frédéric Mazzella et les équipes de BlaBlaCar, leader mondial du covoiturage, le relèvent chaque jour. Grâce aux instruments qu’ils ont créés mais aussi grâce à une vision qui rejoint largement celle de Gens de Confiance : la confiance ne tombe pas du ciel, mais est la conséquence de choix bien précis.

En exclusivité pour Socle, Frédéric Mazzella revient sur cette expérience hors normes et sur la réussite de BlaBlaCar, qu’utilisent aujourd’hui plus de 90 millions de personnes dans le monde. Une solution qui permet d’économiser chaque année 1,6 million de tonnes de CO2. L’équivalent des émissions rejetées par les transports parisiens !


- entretien N°3

Général Vincent Desportes : « On ne relie les hommes que par la confiance »

Après un politologue (Jérôme Fourquet) et un sociologue (Michel Maffesoli), Socle donne ce mois-ci la parole à un militaire qui allie une solide expérience de pédagogue à sa longue pratique du commandement, y compris à l’international (attaché militaire près l’ambassade de France à Washington de 2000 à 2003).

Ancien directeur de l’École de Guerre, le général Desportes se partage en effet depuis plusieurs années entre la réflexion stratégique, l’enseignement de haut niveau (Sciences Po Paris, HEC) et le conseil en entreprise. Derrière cet engagement, une conviction nourrie à l’épreuve des faits : l’armée, dont la cohésion s’obtient d’abord par la confiance, a beaucoup de choses à apprendre à la société civile en ces temps de défiance généralisée.


- entretien N°2

Michel Maffesoli : « J’ai confiance dans le retour de la confiance ! »

Professeur émérite de sociologie à la Sorbonne, explorateur de l’imaginaire reconnu internationalement, Michel Maffesoli consacre depuis plus d’un demi-siècle ses travaux à l’interaction entre idées et mutations des sociétés. Ignorer ce jeu subtil, c’est, selon lui, ne pas comprendre les évolutions réelles – politiques, économiques, culturelles, sociales… – à l’œuvre dans notre quotidien, où s’efface le rationnel au profit de l’émotionnel. En vérité, c’est cet imaginaire qui sculpte subrepticement notre réalité. Aussi l’individualisme se voit-il battu en brèche par le retour des tribus, fondées sur des passions communes, dont Michel Maffesoli fut le premier à annoncer le retour dans notre postmodernité. Or ces tribus, qui fleurissent à l’ère du numérique – et plus encore à l’heure du confinement ! –, fonctionnent sur un moteur-clé : la confiance.


- entretien N°1

Jérome Fourquet : La crise sanitaire remet au premier plan les valeurs de partage et de solidarité

La société française sortira-t-elle changée de l’épreuve du Coronavirus ? Quelles leçons peut-on déjà tirer de la séquence ouverte le 16 mars dernier par la décision d’appliquer aux Français les règles de confinement strict inaugurées en Chine puis en Italie ?

Analyste éprouvé de l’opinion, le directeur des études de l’IFOP, Jérôme Fourquet, n’est pas un sondeur comme les autres. C’est aussi un géographe passionné d’histoire des mentalités, ce qui en fait l’une des personnalités les mieux qualifiées pour cadrer le sujet. Dans le sillage de son dernier livre, L’archipel français, naissance d’une nation multiple et divisée (Seuil, 2019) qui s’est imposé, en quelques mois, au cœur du débat d’idées, il évalue pour nous l’impact de la crise que nous traversons sur la valeur-confiance.